La neige à Auribeau


Amor Mouas vous propose un nouveau récit toujours en rapport avec ses souvenirs d’enfance.

Aujourd’hui il s’agit de La neige à Auribeau.

Vous pouvez découvrir cette histoire vécue en cliquant sur ce lien pour ouvrir un fichier PDF :

http://sd-1.archive-host.com/membres/up/113791789725993136/La_NEIGE__a_AURIBEAU__1956_ET_1958.pdf

Bien amicalement

A bientôt

SkikdaMag

La  NEIGE  à AURIBEAU

1956 et 1958

 

 

Par une de ces matinées d’hiver de l’année 1956, Auribeau s’est réveillé ébahi sous un manteau blanc de neige que l’on voyait pour la première fois et de mémoire d’Auribeaudois il n’avait jamais neigé sur cette contrée de basse altitude, non loin de la mer, réputée pour ses hivers certes pluvieux mais doux. Tout d’un coup les travaux des champs sont interrompus, les bêtes restent à l’étable, et l’école est fermée presque un mois, le temps que le sol réapparaisse sous nos pieds.

Cet évènement, s’il avait eu des effets néfastes sur l’agriculture en calcinant les jeunes pousses, et en décalant le calendrier agraire, avait été néanmoins vécu par les jeunes enfants comme une fête inespérée :

Noël ou jour de l’An. 

A cette occasion un bonhomme de neige a été dressé sur la place du village: les écoliers lui ont mis un balai dans les bras, une écharpe autour du, cou; à la place des yeux, deux morceaux de charbon ; il a longtemps trôné sur la place face à l’école pour la plus grande joie des écoliers et des villageois résignés à leur sort, faisant bon cœur contre mauvaise fortune et qui avaient fini par participer à la fête en se lançant des boules de neige.

Pris par surprise les animaux aussi ont payé un lourd tribu, essentiellement les passereaux fuyant les rudes saisons du nord pour venir passer ici des hivers moins rigoureux et trouver à satiété leur nourriture. Désemparés et affamés n’ayant pas trouvé leur subsistance faite de vers et de vermisseaux, dans cette étendue immaculée, ils n’avaient plus de force pour voler, ils venaient devant les portes des maisons picorer les miettes de pain et les graines qu’on leur jetait sans éprouver de méfiance à notre égard et nous , ne pensant même plus à les capturer ; il est ainsi des situations extraordinaires nées dans  l’adversité :  s’instaurent alors d’autres lois d’entraide plus humaines qui ne s’expliquent pas avec de simples mots  lorsque des animaux qui évitent habituellement notre proximité,  fuient  le danger et une mort certaine pour venir chercher la protection des hommes.

Cette grouillante abondance inattendue a quand même fait le bonheur des chats et des enfants qui n’avaient plus besoin de poser des pièges et attendre de longues heures tapis dans les fourrés, transis par le froid, dans l’espoir d’une prise incertaine.

Hormis les hivers de 1956 et 1958, qui avaient connu un froid exceptionnel où la neige avait recouvert tout le pays , des montagnes de l’Atlas au majestueux Djurdjura, du mythique massif des Aurès aux Djebels Edough, face à la mer, Maouna et Houara vers la frontière Est, tout était de blanc vêtu, les hivers à Auribeau n’étaient pas rudes ; et rares étaient ceux qui n’avaient pas vu, en cette période propice à la cueillette des oranges et des olives, les enfants proposer au bord des routes ou aux habitants , des chapelets de grives capturées à l’aide des fameux pièges à ressort.

Les grives

C’était la fin de l’été et déjà les premières grives faisaient leur apparition dans les vignes à se gaver des dernières grappes de raisin laissées fortuitement par les vendangeurs, ou accrochées aux branches des myrtes et des lentisques dont elles étaient friandes. Leur vol devenait  lourd à cause du poids qu’elles avaient pris ; dès qu’on les approchait elles s’envolaient avec peine pour se poser non loin tellement elles étaient grasses. Arrivées à maturité, les olives dont elles raffolent constituaient l’essentiel  de leurs repas, délices qu’elles partageaient avec les nuées d’étourneaux au grand désespoir des oléiculteurs qui s’ingéniaient à éloigner ces resquilleurs par des moyens dérisoires tel l’épouvantail  que ces malicieuses  créatures tournaient souvent  en ridicule, en l’utilisant comme perchoir, abri, en  traversant de part en part les manches empaillées ou en picorant sur sa tête quelques insectes échoués.

C’est à ce moment là quand les grives sont  pleines de chair que la pose des pièges est la plus indiquée ; mais c’est compter sans  un pique-assiette  effronté et  opportuniste, le rouge –gorge de nos sous–bois, une gracieuse boule de plumes au poitrail rouge  ne tenant pas en place ; il est de toutes les réjouissances   et affectionne particulièrement la compagnie des grives ; il paiera  souvent de sa vie sa hardiesse  et sa gourmandise. Ce petit malin  faussera maintes fois les attentes des chasseurs, en se trouvant toujours dans le voisinage immédiat des grives qu’il épie pour passer à table en même temps qu’elles ou par un majestueux piqué leur ravir la découverte d’un ver, de graines, d’ olives restées à terre après la cueillette . Si la grive se dirige vers une motte de terre fraîchement travaillée dissimulant  un piège à ressort, le minuscule paquet de plumes  la précède pour faire le tour du monticule, grimpe à son sommet, tire  à contre-sens le ver –appât attaché par un fil au verrouillage du piège– l’ingurgite et  s’en est fini de l’espoir de capturer la grive rodant à distance du piège comme ayant flairé le danger. Pour cette fois, nos deux compères s’en sortiront à bon compte, jusqu’au jour où l’attrait irrésistible du ver blanc qui se démène pour se détacher de son carcan est plus fort que le danger caché. Cette gourmandise coûtera la vie à une grive goulue de la dernière couvée qui n’a pas eu le temps de développer l’instinct de survie.

Souvent la grive aura la vie sauve et la devra à l’impétuosité du remuant rouge-gorge, cet éternel agité sautillant de branche en branche au dessus de la grive au sol, faisant des piqués autour du piège sans s’y attaquer tant que la grive est à distance respectable de l’objet de sa convoitise: mais dès qu’elle se rapproche du ver pour le dévorer c’est là qu’en un éclair, d’un sec coup d’aile,  le rouge-gorge vient lui ravir l’appât, sans se faire happer par le piège, car c’est un oiseau intelligent, futé,  qui sait tirer partie de situations complexes en vivant en symbiose avec plus imposant que lui ; mais sa témérité lui coûtera souvent  la vie et grande sera la déception du chasseur qui faute de grives se contentera souvent de… rouges-gorges.                            

            

                  Amor MOUAS, enfant d’AURIBEAU

                                                     (A suivre)

 

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16 commentaires pour La neige à Auribeau

  1. AURIBEAUDOIS dit :

    a celui qui baptise son nom auribeaudois skikda vous n’etes pas un vrai auribeaudois prcq tu ne connais pas mr mouas amor c’est un vrais fils du village ainsi ses parents aussi.dit mois votre vrai nom je te dit que tu es.donc vous n’ete pas un vrais auribeaudois mon frere.

  2. Je suis auribeaudois ..je connais tous les anciens du village et la majorite des Mouas…toi je n’arrive pas a te connaire merci

  3. yala kamel dit :

    Mon cher ghani,je sais que tu es un vrai auribeaudois .je revendique également mon appartenance a ce magnifique village ou il faisait jadis bon vivre.je me rappelle la saison des vendanges lorsqu’on courraient derriere les tracteurs pour voler des grappes de raisin….je me rappelle aussi de BELKHODJA qui vendait des figues barbarie…(el hendi)..Mzoghet le boucher .qui égorgé ces moutons et les dépécer sous un arbre de frene au boussissi..bref..je te signale que je n’ai pas coupé les ponts avec auribeau et que je m’y rend souvent.la prochaine fois que je viendrai je te promis que je ferai un saut a berrahal et on se verra inchallah…a bientot auribeaudois.

  4. auribeaudois dit :

    Yaala je suis la un vrait auribeaudois de pére et de mére parceque je suis né en 1958 a auribeau donc je suis pure auribeaudois.salut kamel vous etes un perdu de vue pourquoi ce retard.amicalement

  5. yala kamel dit :

    quelqu’un peut-il nous procurer le livre(sous le ciel d’auribeau)écrit par Eugene peaufilé…si mes souvenirs sont bons..merci

  6. yala kamel dit :

    merci MR Mouas.vous ne pouvez pas imaginer l’immense joie que m’a procuré votre message..vous etes un grand Monsieur.que Dieu vous accorde une longue vie.nous.la génération post-indépendance nous ignorons bcp sur l’histoire de notre village..heureusement que vous..avec vos écrits.la simplicité du texte,l’histoire de la marié de oued zehar.du train a vapeur.il était une fois auribeau..vraiment c’est un régal..en tant qu’auribeaudois je me considere comme une partie prenante de ces histoires..vraiment merci Monsieur..si vos parents sont encore de ce monde,saluez-les de ma part..l’oncle A3ssila..votre frere wahab..

  7. yala kamel dit :

    Où sont passé les auribeaudois ?…plus aucun commentaire..

    • Amor Mouas dit :

      Merci Kamel,tes vœux et ton hommage me vont droit au cœur,à travers moi cet honneur revient à nos Maîtres émérites;en accomplissant l’œuvre désintéressée d’éducation ,sans relâche ,sans discrimination,ils nous ont conduit sur les chemins lumineux du savoir ;eux seuls méritent de recueillir notre gratitude et notre respect.

  8. yala rabah (kamel) dit :

    Monsieur Mouas.permettez moi a l’occasion de la nouvelle année 2014 de vous présenter mes meilleurs voeux.et vous souhaiter longue vie et que dieu vous protege..je suis un de vos anciens éleves(CE 2 EN 65 66).je m’appelle yala rabah..(kamel) fils de smain le kabyle…j’ai lu tout les écris que vous avez publié sue ce site..franchement cela m’a fait énormément plaisir..je dois dire aussi que ma 1ere année..en 1962 je l’ai débuté avec mr STEFANINI..JE voudrai rendre hommage et dire toute ma gratitude aux maitres qui nous ont éduqué et inculqué le savoir..méssieurs ..chaouch mabrouk(chaabane) mouas amor .mansouri abdelwabhb.mme khattab ghania..et le grand.l’inoubliable.le defunt HANI AMAR0que dieu ai son ame..et qu’il repose en paix.et longue vie a ceux qui sont encore vivant..

  9. auribeaudois dit :

    graciasse amigos amor

    • je connais Chaaba et khattab G AINSI que abd elwahab M …mais Mouas Amor je te connais pas j’aimerais bien que qlq me rafraîchisse la mémoire..je me souviens aussi de henni, sa femme et ses enfants

  10. auribeaudois dit :

    amor tout d’abord bonne année 2013.c’est a dire la batisse qui est au fond de la photo celle du directeur le defunt hanni,amar..merci amor

    • Mouas dit :

      Bonne année ,auribeaudois,effectivement l’étage de cette maison était le logement de fonction de tous les Instituteurs passés dans cette École,M.Secreto-1950/52 ,M.Maldent 52/?,M.Orst 58/59,M.Savio 59/60,M.Stefanini 60/62 et notre regretté Amar Henni en 62.

  11. Gilles du Montplaisant dit :

    Rouge-gorge ou grive, on en a passé des heures à guetter le prix de la gourmandise !
    De ce 02 février 1956, j’en ai un vivant souvenir. C’était la première fois de ma vie que je voyais la neige ; que de souvenirs reviennent à l’esprit !
    C’est vrai que nous avons épargné la vie des oiseaux désemparés face à cette exceptionnelle situation.

    • auribeaudois dit :

      Salut Amor, un peut de mots explicatif sur la photo de votre récit merçi.

      • Mouas dit :

        Bonsoir Auribeaudois
        Cette photo d’époque représente la place plantée de frênes(dardar),sous la neige de 1956, aujourd’hui disparue pour servir à la construction des classes préfabriquées et au fond l’ancienne École.Tu reconnaitras sur cette photo Elyette Filloz et Marie Claire Coirrier ,deux camarades de classe .

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