Les étourneaux dans le ciel d’Auribeau


Voici nouveau récit d’Amor, plein de poésie et de charme…

Bonne lecture

A bientôt

Bien amicalement

SkikdaMag

P.S :

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LES   ETOURNEAUX  DANS  LE Ciel  d’AURIBEAU

                                              

 

Dès  les premiers jours d’automne, au moment du crépuscule, il nous plaisait de voir apparaître à l’horizon les vols d’étourneaux qui, après s’être repus de myrte, d’olives et d’arbouses parfumées de nos régions allaient rejoindre leurs lieux de repos pour la nuit : arbres à l’entour du village, orangeraies 

Les volutes légères de leur vol se fondent sur elles-mêmes pour décrire des figures fantastiques, comme le font ces nuages blancs modelés par les vents en des formes bizarres, des êtres chimériques  menaçants, des voiliers, des corps langoureux d’animaux repus.

                                                       

Parfois le vol des sansonnets se transforme en entonnoir tournoyant lorsqu’ils sont poursuivis par le gerfaut, un oiseau de proie de nos régions, de la taille d’une tourterelle, celui qui reste en vol stationnaire comme suspendu à un fil pour épier le sol de sa vue perçante afin de déceler un mulot ou un lézard sur lequel il va fondre  ailes repliées : aucune chance alors  à la proie de réchapper à ses serres.

Cette forme tournoyante des étourneaux rappelle  ces gracieux  cônes évoluant à toute vitesse formés en été par ces petites tornades de poussière qui donnaient la chair de poule à  nos mères et  nos grands –mères qui les appelaient « sehaïra » , un nom évocateur signifiant littéralement « sorcière ou ensorceleuse » et les incitaient à se mettre à l’abri car elles y voyaient le passage et la danse de Djinns tourmentés, errant éternellement,  qui n’avaient pas droit au repos ; et chacun allait de sa légende selon les régions mais tous y lisaient la manifestation d’êtres surnaturels . En fait elles avaient raison ces vénérables personnes car s’exposer à ces poussières pouvant charrier des corps solides c’était risquer d’être blessé ou contracter une maladie des yeux ; pour des personnes peu savantes c’était une façon pédagogique innée et imagée  de transmettre un message compréhensible  pour nos jeunes cerveaux.

             

Le jour on observe souvent cette scène de la  poursuite par le rapace ; alors la nuée vivante de ces oiseaux aux mœurs grégaires, en densifiant son apparence, rendant la prise difficile,  ultime parade pour échapper au prédateur,  ressemble  à une immense étoffe qu’une main invisible agite dans le ciel. Ces soubresauts et ces mouvements  saccadés désarçonnent le poursuivant qui souvent abandonne par épuisement ; si par chance le tribut est  prélevé, le gerfaut quitte le banc d’oiseaux à tire d’ailes par un brusque changement de direction pour aller sur quelque promontoire savourer son festin ; alors le vol des oiseaux enfin débarrassés du danger devenait progressivement plus nonchalant jusqu’à se perdre derrière la cime des arbres et rejoindre enfin tranquillement son gite pour une nuit. Quelques fois par on ne sait quel instinct de conservation et de défense collective, il n’était pas rare de voir l’oiseau de proie poursuivi par une pluie de sansonnets en colère: il ne devra alors son salut qu’à une fuite éperdue à basse altitude en adoptant un vol en zigzag pour échapper à la volée de coup de becs pouvant lui fracasser le crâne.

Lorsque approche la belle saison, les vols d’étourneaux et autres passereaux se font de plus en plus rares, et un beau matin le ciel est vide de cette multitude grouillante et bruyante; on ne lève plus la tête pour admirer le spectacle de la lutte pour la vie dans les airs ; des retardataires sur le grand départ migratoire forment parfois de petites colonies désemparées par la brusque lumière des beaux jours ; on a vu aussi  quelques étourneaux devenir sédentaires et se mêler à des vols de moineaux et de pigeons qui les adoptent sans rechigner ; de belles leçons de tolérance et de voisinage dont l’homme devrait s’ inspirer…   

                                                               

                                                                       

                              Amor MOUAS, enfant d’AURIBEAU

                                                                                 (A suivre)

                                       

 

 

 

 

 

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2 commentaires pour Les étourneaux dans le ciel d’Auribeau

  1. auribeaudois dit :

    ———————/B R A V O . A M O R/———————–

  2. Gilles du Montplaisant dit :

    Bien belles descriptions, entre autres , que ces vols d’étourneaux !

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