Le MÛRIER le LORIOT et le VER à SOIE


Il vous l’avait promis alors voici un nouveau récit d’Amor ; souvenez-vous des feuilles de murier, des vers à soie et des cocons… c’était le bon temps, c’était là-bas …

Bonne lecture

A bientôt

Bien amicalement

SkikdaMag

P.S :

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Le   MÛRIER   le  LORIOT  et  le  VER  à  SOIE

 

 

Dans l’enclos de notre Ecole il y avait  quelques arbres qui ornaient les lieux et rendaient ombre et fraîcheur à l’approche de l’été : devant la porte d’entrée, en retrait à gauche, se dressait un énorme frêne; trois acacias côté buanderie et un mûrier côté préau: des mûriers à Auribeau, il n’y en avait guère que quelques spécimens disséminés ça et là. Le plus fameux d’entre eux trônait dans la cour de l’Ecole; il est devenu avec les ans un arbre majestueux au feuillage fourni donnant à la saison d’exquises mûres que se disputaient les élèves, les oiseaux : incontournables moineaux,  mésanges charbonnières, insectes de toutes sortes: abeilles ou frelons, papillons, et… d’autres visiteurs venus à la cueillette. Quant  à nous, nous ramassions à même le sol des poignées de ces fruits juteux pour les avaler goulûment sans même les laver comme nous le recommandait notre Maître.

Un jour notre vénérable et regretté Maître, M. Lucien  Maldent, ne comprit pas le soudain silence qui s’était abattu dans la classe et de surcroît  les élèves des quatre rangées avaient la tête tournée vers les deux fenêtres qui donnaient sur le mûrier, les yeux écarquillés, ébahis.

 Pour satisfaire notre curiosité et en son for intérieur certainement la sienne , le maître  s’est approché à petit pas vers une baie pour déceler l’objet de notre attention ; il n’a pas eu de peine à distinguer , sautillant de branche en branche en se gavant de mûres, un hôte inhabituel, un oiseau de la taille d’un merle  aux couleurs vives , où dominait un jaune éclatant pour le corps , des ailes noires et un bec rouge pâle ; « C’est un Loriot »

 S’exclama épanoui M. Maldent avec un sourire satisfait d’avoir donné une réponse claire à notre soudaine curiosité. Notre Maître s’est distrait un instant de son cours pour nous expliquer que le Loriot est un timide oiseau migrateur des bois de nos contrées  qui vit de baies, de myrtes, d’arbouses et de fruits, et ne s’aventure que rarement parmi les hommes.

Après avoir longtemps festoyé en se gavant de mûres, il s’est évanoui dans les airs en entendant le brouhaha et les clameurs de la classe sortant en récréation. Ce jour là et longtemps après, beaucoup parmi nous guettaient  inlassablement le retour du Loriot, mais c’était comme un rêve qui s’évanouit au réveil ; on n’a jamais plus revu de si bel oiseau même dans la campagne ou les bois alentour.

 Un autre jour , quelle n’a pas été notre surprise de voir quelques grands de la classe déballer, avec l’assentiment de M. Maldent, de petites boîtes de cartons et des boîtes d’allumettes trouées sur les côtés et le dessus, pour en sortir de frêles chenilles se tortillant auxquelles ils avaient donné des feuilles de mûrier à dévorer. N’ayant jamais eu l’occasion de trouver cette créature dans la nature, elle nous inspirait de la curiosité et  un peu d’effroi en la voyant grossir l’espace de quelques semaines après avoir ingurgité toutes les feuilles mises dans les boîtes. M  Maldent avait autorisé la veille les élèves qui s’amusaient à élever des vers à soie,  à les ramener en classe pour en  faire profiter tous les élèves en  donnant une leçon de choses  sur le cycle du bombyx du mûrier , un papillon discret ne vivant que dans les mûriers ; des œufs qu’il  pondra sortira cette chenille qui allait grossir démesurément en quelques semaines pour devenir une rebutante chenille  qui allait muer et se transformer en chrysalide en s’entourant  d’un cocon que l’on trempait  dans de l’eau chaude pour en dévider le célèbre fil de soie qui allait donner un tissu léger et doux (lahrir) pour  habiller les dames les jours de fête et constituer le trousseau des jeunes mariées.

 A travers cet exemple qui n’était pas unique, les leçons de choses étaient, autrefois, complétées par des sorties éducatives dans la nature ou les lieux de travail, afin d’inculquer des notions pratiques et durables  qui ont façonné nos cerveaux, notre perception et notre amour  des êtres et des choses.

Nourrie à cette éducation, inspirant et  initiant des mouvements actifs à travers le monde pour préserver notre maison, la fragile planète terre, notre génération est à l’avant-garde d’un combat méritoire mais combien dérisoire devant les forces destructrices qui accompagnent sournoisement le progrès.     

 

                               Amor MOUAS,   Enfant d’AURIBEAU

                                                                            A suivre …

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Un commentaire pour Le MÛRIER le LORIOT et le VER à SOIE

  1. yala kamel dit :

    le murier dont il est question dans ce récit a disparu.si mes souvenirs sont bon .il y’avait aussi une balançoire à l’angle de la cour.qui était destinée peut etre aux enfants du directeur de l’école.aujourdhui l’édifice est dans un état lamentable..et menace ruine.faisons qques chose pour le sauvegarder..

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